Et si on demandait leur avis !!? [2]

un autre témoignage aussi sincére que le premier de la part d'une nouvelle inseaiste !!


Depuis qu’on a posé les pieds à l'INSEA, il n y’a que les Anc’s pour parler, j’estime qu’il est temps qu’un bizut prenne enfin la parole en laissant ainsi un peu de répit à nos chers Anciens.

Je ne parlerais pas au nom de tous les élèves de première puisque j’ignore si ce que j’avancerai serait partagé par mes confrères : il y’en a en effet qu’on n’a pas eu l’honneur de rencontrer, ceux qui par peur de se faire bizuter ont préféré tout bonnement rester chez eux, éviter tout contact avec les autres et sacrifier de cette façon l’occasion de vivre de très beaux moments, ici à l’enceinte de cet établissement. Je dis à ces personnes : « vous le regretterez ! Oh oui que vous le regretterez ! Vous avez tout simplement raté ce que la vie vous a offert de plus beau jusqu’ici ! Des instants mémorables, indélébiles et merveilleux qu’on souhaiterait vivre et revivre perpétuellement !

En ce qui me concerne, personnellement je ne nie pas avoir été choquée voire même traumatisée le premier jour ! Je pensais au fond de moi : « Bonté divine ! Mais qu’est ce que c’est que cette jungle !! Quelle est cette barbarie et cette cruauté ??! ». Ce lundi là, je ne suis pas prête de l’oublier ; plus de 200 personnes dans les accoutrements les plus burlesques qui soient, les vêtements à l’envers trainant avec des sacs à poubelle dans les mains, enfermées dans un immense amphi, encerclées par une meute d’anciens supérieurs aux regards pétrifiants comme des méduses. Il nous était interdit de bouger, de sourire, de parler, de faire le moindre petit mouvement…bref, il nous fallait tout simplement nous convertir en marionnettes que nos exécuteurs pouvaient manier à leur guise. Je serais allée cueillir la lune ce jour là si cela pouvait m’éviter de rester emprisonnée dans cette énorme geôle en compagnie d’une bonne vingtaine de bourreaux sadiques qui nous faisaient passer pour des rats de laboratoire. J’avais paniqué, je ne métrisais plus mes émotions car la situation m’était étrangère, je ne pouvais prévoir ce qui allait se produire par la suite ni deviner l’ampleur de l’enjeu et la gravité de ces circonstances. Ce n’était pas vraiment étonnant puisque c’était la première fois qu’on découvrait, nos Anciens, une rencontre qui eu lieu dans les cris et les lamentations, qui me causèrent des maux de cœurs et firent précipiter les larmes dans mes yeux.

C’est que tout venait à l’encontre de mes attentes, les anciens étaient tellement effrayants que lorsque j’eus un malaise respiratoire je n’osai même pas en parler ! surtout quand notre chère Anc Asmae nous dit froidement: " lli bghat tskhaf tskhaf hna!!!"

Après la tumultueuse matinée je sautai dans le premier train pour Media afin de rentrer chez moi me refugier sous les ailes de mes parents en maudissant le jour où je décidai de m’inscrire à l’INSEA.

Cependant comme on dit : une fois n’est pas coutume et l’habit ne fait pas non plus le moine ! Le lundi était certes exceptionnel mais il n’avait rien à voir avec le reste de la semaine. Le Mardi, lui, était une journée agréable et pleine d’émotions, une journée où, lors d’une étrange cérémonie d’adoubement, on fut enfin baptisé INSEAiste. Une journée de patriotisme si j’ose dire, où chaque bizut devint officiellement soldat, militant de l’INSEA. Les hymnes qu’on nous a fait apprendre était une dose de courage, de volonté et de passion ardente pour l’institut, et même si tout le monde chantait faux comme des casseroles, je ressentais enfin que j’y appartenais et que dés lors je devais me débattre pour le bien de mon nouveau chez moi ! la preuve c’est qu’à l’issue de cette journée l’IAV était devenu l’ennemi public Numéro UN de tous les petits nouveaux, bien que je suis plus que sûre que la majorité d’entre eux ignore toujours la raison derrière cette fameuse Vendetta.

Enfin bref, je ne vais tout de même pas m’attarder sur chaque détail, ni sur ce qui s’est produit durant chaque seconde écoulée depuis le 15 septembre! Je tiens seulement à remercier nos supérieurs pour ces merveilleux moments, bien que leur attitude lunatique fût complètement ahurissante ; les voir sympathiser avec nous et nous sourire le soir puis nous fusiller du regard le lendemain et crier sur nous avec des voix de stentor ! Seigneur que c’était réussi, vous devriez tous envisager le cinéma !

Merci donc de nous avoir consacré un peu de votre temps ! Merci pour vos encouragements et vos conseils ! Merci d’avoir partagé avec nous votre expérience !

Bien que je n’eus la possibilité de participer à toutes les activités à cause de ma petite santé, cette semaine m’a convaincu que les passions du Christ endurées en prépa valaient vraiment la peine hih !!

J’ai essayé dernièrement d’imaginer cette rentrée sans tout ce tralala de bizutage, le résultat, je vous l’accorde, était catastrophique et dévastateur ! Ça aurait été uniquement le début d’un nouveau cauchemar : des gens de toutes les couleurs et de tous les coins du pays et personne qui ne connaît personne, chacun renfermé dans sa petite coquille ou à courir derrière ses propres besognes, un nouveau monde, de nouveaux horizons et aucun phare dans les parages ! L’horreur !

Je répète donc à tous ceux qui ont raté cette semaine de bizutage que ce n’était pas aussi cauchemardesque et machiavélique que ce qu’ils sont allés croire ! bien au contraire, nos anciens étaient la plupart du temps humbles, nous faisaient certes asseoir par terre mais venaient immédiatement nous rejoindre sur le sol en toute modestie et partager le supplice avec nous. Ils ont également eu droit à la boue, au henné et aux coups ardents du soleil et étaient 24/7 ouverts à toutes nos questions! La vérité c’est qu’ils n’étaient pas entrain de nous martyriser mais de nous souhaiter la bienvenue dans ce nouveau monde qu’ils connaissaient bien mieux que nous.

On nous fait croire que le bizutage est une forme d’esclavage, une damnation, mais bien au-delà d’une vision aussi morbide, le bizutage est une vraie partie de plaisir pour les deux clans.

Merci à tous les anciens supérieurs qui ont fait partie de la pièce. Merci au comité de bizutage pour cette initiative et pour leur programme reflétant une grande créativité et qui n’a cessé de nous surprendre au jour le jour ! Il est vrai que vous êtes nos supérieurs mais à nos yeux vous serez avant tout des frères et des sœurs qui ont eu raison d’être sévères avec nous au départ.

J’espère que la vie à l’INSEA restera aussi agréable et l’atmosphère aussi chaleureuse tout au long de l’année !

Bonne chance à tout le monde!!"

                                                                  DAOUDY maroua

Retour